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L’ortie, la mal-aimée !!


Nous la connaissons tous ne serait-ce que pour s’y être piqué un jour. Facile à identifier pour cette raison, elle prolifère dans les lieux en friches, dans les campagnes, au bord des champs, des routes et des murets… et jusque dans nos jardins, la bougresse !

    ortie-feuille

                                                              « S’il fallait ne laisser qu’une seule plante sur terre, pour moi ça serait l’ortie ».
                                                                                                           (François Couplan, ethnobotaniste)

Qui s’y frotte s’y pique…

Comme vous, j’ai été gamin en culottes courtes et comme vous j’ai longtemps considéré les orties comme ma pire ennemie lors de mes escapades en pleine nature.

Combien de fois suis-je rentré les bras et les jambes couverts de rougeurs et de démangeaisons brûlantes, après m’être frotté par mégarde aux « méchantes herbes de feu » lors de folles chevauchées aux lisières des  champs ou des forêts !

Cette « mauvaise herbe », que je détestais alors profondément au point de la détruire à grands coups de bâton en imitant le geste auguste du faucheur, mais dont je ne connaissais absolument rien par sotte ignorance, je n’imaginais pas qu’un jour je la défendrais et la chérirais à ce point. Et si je devais résumer l’ortie en une phrase, je dirais : « elle n’a qu’un défaut, elle pique ! ». Sa mauvaise réputation est légendaire : au mieux on l’ignore, le plus souvent on l’arrache ou on tente de la supprimer par tous les moyens. Quelle folie !!

 

La connaissons-nous vraiment ?

Elle est au contraire le parfait emblème de notre relation à la nature sauvage, une relation qu’il serait urgent de reconsidérer et de reconstruire.

Car bien sûr l’ortie sait se défendre. Elle est couverte de dards minuscules (tiges + dessus et pointe des feuilles principalement). Les poils les plus petits sont assez inoffensifs, mais les plus grands sont de véritables seringues hypodermiques prêtes à injecter sous la peau, et au moindre contact, le cocktail de toxines chimiques contenues dans l’ampoule située à leur base. Ecoutez-ça ! rien que l’évocation des noms fait dresser le poil : histamine, acétycholine, sérotonine et acide formique (tiens, tiens comme les fourmis !), entre autres douceurs…

dards orties     poils d'ortie                                                                                                 Photo : Urticamania

Le principe est simple : les aiguilles se brisent au moindre contact avec la peau et seulement 1/10.000ème de ce liquide urticant suffit à provoquer rougeurs, cloques, irritations, démangeaisons. Aïe, aïe, aïe !!

Bon à savoir :

L’ortie développe ses piquants pour se défendre. Logique. Et c’est précisément la raison pour laquelle la densité de piquants augmente chez les plantes piétinées, broutées ou fauchées. Les orties des sous-bois ont moins de piquants car elles sont moins exposées et donc moins agressées. Tout au plus par du gibier de passage (principalement des cervidés), qui aura lui la sagesse de ne prélèver que la partie supérieure et tendre de la plante, sans mettre son existence en danger. Si nous pouvions en faire autant !

 

Trucs et astuces pour ne pas… ou moins se faire piquer :

Vieux comme le monde, mais pas inutiles à rappeler pour tous ceux qui les auraient oubliées, quelques petites astuces pour éviter de se faire brûler par ces « vilaines » orties lorsqu’on n’a pas de gants :

Passez-vous plusieurs fois la main (paume et dos) dans les cheveux. Vous devez (en principe) pouvoir commencer votre cueillette sans trop de crainte, mais n’oubliez surtout pas de répéter l’opération plusieurs fois au cours de la cueillette. Je vous l’avoue d’emblée, pour moi ça ne marche pas ! Mais essayez quand même…

– Certains paysans prétendent aussi pouvoir cueillir les orties sans se piquer en retenant leur respiration. Il semble que cela fonctionnerait avec certaines personnes. Ouais… !?  En tout cas , pour moi ça ne marche pas non plus, mais c’est sans doute tout le mystère et le charme de cette plante magique…

Mouillez vous les doigts avec de la salive avant de saisir les orties ; ça par contre c’est une technique qui fonctionne assez bien dans la majorité des cas !

– Et d’une manière générale, (selon ma propre et modeste expérience mais aussi le conseil des spécialistes), il est préférable de remonter la tige et les feuilles avec votre main plutôt que l’inverse. Si vous voulez détacher une feuille de la tige, saisissez-la de préférence par le dessous, où il y a moins de poils urticants, en la repliant en deux. Si vous voulez couper une tige entière, saisissez-la le plus bas possible, où il y a le moins de piquants. Et puis, allez-y dare-dare, bon sang ! Sans trop hésiter, en lui parlant gentiment (elles aiment ça, tout comme nous !).  J’ai constaté souvent que plus on hésite à la saisir, en effleurant notamment le bout des feuilles avec le dessus de sa main en tremblotant, plus on est piqué ! (C’est le célèbre phénomène d’anxiété ou de peur bien connu).

 

Et si l’on se pique quand même ?

Dans tous les cas, courage ! Et pas de panique, plusieurs astuces également :

– Surtout et tout d’abord ne vous grattez pas pour ne pas étendre la zone du venin ! (comme pour les moustiques).

– Lorsque vous rencontrez des orties, cherchez bien autour de vous ; il serait bien étonnant que vous ne trouviez pas également du plantain à proximité. Le plantain est vraiment la trousse à pharmacie de la nature : il suffit de bien malaxer une feuille de plantain pour en extraire le jus aux vertus apaisantes et de frotter la zone piquée avec ce jus. Cette technique fonctionne également avec des feuilles d’ortie écrasées (eh oui, le bien pour le mal !) ou encore des feuilles d’oseille, si d’aventure vous en trouvez dans les parages. Bien sûr ça n’enlèvera peut-être pas à 100 % l’irritation ou la douleur, mais ça l’apaisera vraiment très sensiblement et assez rapidement, vous verrez…

– Il m’est arrivé de tester un jour une feuille de sureau, laquelle a donné d’assez bons résultats sur ma peau, mais comme je n’ai encore jamais entendu parler de cette méthode, je ne peux pas vous confirmer la chose. Si qqn d’entre-vous l’a déjà testée, merci pour votre retour. Et comme le sureau pousse dans les haies souvent à proximité des orties, vous ne devriez pas avoir trop de mal à en trouver.

– Une autre astuce consiste à mouiller un sucre avec sa salive et l’appliquer sur la zone touchée. Celui-ci est censé absorber le venin. Encore faut-il avoir du sucre avec soi !

– Une grand-mère m’avait aussi donné un jour ce conseil que je n’ai pas encore testé à ce jour : frotter les parties douloureuses avec des feuilles de menthe fraîche. Il paraît que la douleur disparaît presque instantanément. Essayez, vous verrez bien !

 

 

Qui s’y frotte, s’y soigne…

Car l’ortie possède des vertus, en veux-tu en voilà ! Je ne veux pas vous les présenter toutes ici, ça serait un peu long et fastidieux. Si vous souhaitez en connaître la liste complète, je vous donne le lien d’un site consacré totalement à l’ortie et qui fait référence sur le net : http://urticamania.over-blog.com/page-1371638.html

• Mais il est utile de retenir ce qui suit, en deux mots :

Elle contient 7 à 8 x plus de vitamine C qu’une orange ! (Le champion est le cynorrodon qui en contient pratiquement 50 x plus !).

Elle est plus riche en fer que la viande rouge et possède 2 x plus de fer que l’épinard. Eh oui !!

– Elle est également très riche en protéines, ce qui en fait un aliment complet. Elle contient p. ex. plus de protéines que le soja !

– C’est un anti-fatigue formidable. Si vous avez un petit coup de pompe lors d’une balade ou d’une randonnée prolongée, n’hésitez pas à en mâcher et en avaler quelques feuilles (avec toutes les précautions d’usage bien sûr, évitons les œdèmes dans la bouche et sur la langue !!). Pour cela, pliez la feuille en deux puis en quatre entre vos doigts, serrez bien fort pour écraser les poils urticants avant de la déposer délicatement entre vos dents.

• Les bienfaits de cette plante tonique et nutritive :

– elle fortifie les cheveux et notamment les cheveux blancs, Elle est aussi très utile contre les pellicules ;

– elle fortifie les ongles ;

– elle tonifie la peau ; elle peut également soigner l’acné et l’eczéma ;

– elle aide à nettoyer le corps de nos déchets acides, elle le rend plus alcalin, moins acide, c-à-d. plus résistant face aux maladies en renforçant notre immunité ;

– elle combat l’arthrite et les rhumatismes (ah ! la fameuse flagellation aux orties bien connue !)

 La vidéo ci-dessous résume très bien les vertus de l’ortie, avec un savoureux accent en bonus :

Chaîne : FloraMedicina – Youtube

Qui s’y pose, s’y développe…

L’ortie est aussi appréciée par de nombreux insectes butineurs, certains y pondent et s’y développent, comme certains papillons. D’autres s’en servent de garde-manger, comme les coccinelles (avec les pucerons) ou les oiseaux insectivores (mésange, p.ex). Enfin n’oublions pas les herbivores (cervidés + bétail) qui puisent dans l’ortie de nombreuses vitamines essentielles à leur développement.

 

 

A écouter également :

                                                     Source : Radio Médecine Douce – Chaîne : OneWayOfficiel  –  Youtube
 

Je suis sûr que désormais vous la verrez avec d’autres yeux,  l’ortie !

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ortie

  Manger des orties, quelle drôle d’idée !

Essayez, c’est vraiment délicieux…

  
Recette de la soupe d’orties : Pour 3-4 personnes
Ingrédients :
– 150 g de feuilles d’orties (préférez les parties aériennes)
– 150 g de pommes de terre
– 30 g de beurre
– 1 grosse échalote
– 2 aulx
– 1 dl de crème liquide
– sel, poivre, muscade
 
Préparation :

1. Bien nettoyer les orties dans l’eau froide (avec un peu de vinaigre) pour enlever la terre, les petites bébètes et les impuretés éventuelles, puis égouttez-les.

2. Faites revenir l’échalote et l’ail coupés finement dans une casserole et laisser frémir à feu doux ~ 5 à 7 minutes.

3. Verser les orties + les pommes de terre coupées en petits dés dans la casserole et mélangez pendant ~ 2-3 minutes à feu moyen.

4.  Ajouter 1 litre de bouillon de légumes et porter le tout à ébullition, puis mettre à feu doux pendant ~10 minutes.

5. Laisser refroidir, puis passer le tout au mixeur.

6. Faire réchauffer le tout en y ajoutant la crème liquide, un peu de noix de muscade, du poivre et du sel.

7. Bien mélanger et servir chaud.

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Recette du Croc’Ortie (en vidéo)

présentée par Dominique Jeannot, président des Amis de l’Ortie : www.lesamisdelortie.fr

 Je vous le confirme : un super régal !! 
 
 
                                                                                                                  Source : Editions de Terran – Dailymotion