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Et si un jour…

nous nous trouvions en situation de survie extrême en pleine nature ?

Je sais, vous allez me dire : « Impossible ! je ne pars que quand il fait beau, jamais longtemps et, de toute façon, je ne me perds jamais grâce à mon portable et à ma toute nouvelle montre GPS ! Mais, imaginons…. imaginons deux secondes, sans nous énerver, que ça puisse quand même arriver… Et, sans bien sûr échafauder le pire des scénarios, mettons-nous juste un instant en situation…

Outre la confection d’un abri dans les meilleurs délais, il serait également essentiel, pour ne pas dire vital, de pouvoir allumer un feu au plus vite, y compris dans un contexte très défavorable (froid, vent, neige, humidité…). Car faire du feu en pleine nature, sans briquet, sans allumettes, ça a l’air plutôt facile vu de son canapé devant la télévision ou planté bien au chaud face à son  écran d’ordinateur, mais le réussir sur le terrain, en état de stress et sous une pluie glaciale, avec en prime un vent plus que fripon, c’est une autre affaire ! Ça demande même quelques connaissances, de l’astuce et un peu de pratique…

Et précisément, dans la maîtrise de cet art bien délicat et parfois aléatoire qu’est l’art du feu,  il existe une famille incontournable qu’il est judicieux de savoir identifier à coup sûr et que je souhaite vous présenter aujourd’hui : celle des initiateurs de feu (ou allume-feu) naturels.

Leur particularité et leur qualité première est, soit de nous fournir une braise efficace, soit d’être rapidement inflammables dès qu’on leur transmet l’énergie d’une étincelle « chaude ».

 

 

Rappel de la règle du triangle de feu :
Pour démarrer un feu, il faut 3 éléments : une source de chaleur (flamme ou étincelle),
un carburant (en l’occurrence pour cet article des initiateurs de feu ou allume-feu)
et un comburant (mot un peu barbare, je vous l’accorde), pour faire simple on va dire de l’oxygène.
Si l’un de ces trois composants manque à l’appel, ca-ta-strophe, il n’y aura pas de feu !
 
 
 Voici donc une liste (évidemment non exhaustive) des différents initiateurs de feu naturels que j’ai pu tester, et ce notamment équipé d’une pierre à feu (ou firesteel) qui devrait faire partie de l’équipement de base de tout bon aventurier coureur des bois. Et si certains d’entre-vous voulaient bien me transmettre leurs propres expériences concernant d’autres initiateurs de feu existants, j’en serais ravi.

Petit rappel (peut-être pas inutile ?) sur l’utilisation de la pierre à feu (ou firesteel) :

pierre a feu

Un firesteel comporte principalement une tige (ou pyrobarre) en ferrocenium* et un grattoir. Certains modèles sont aussi parfois équipés d’une boussole, d’un bracelet permacorde ou encore d’un sifflet, mais là on est un peu dans le domaine de l’anecdotique voire du superflu car ce que l’on demande d’abord à une pierre à feu, c’est précisément de pouvoir nous aider à allumer un feu ! (cqfd).

* ferrocenium : matière un peu identique au magnésium et qui a la propriété de s’enflammer rapidement.

Principe du firesteel (semblable aux pierres à briquet) : dès que l’on gratte la tige de ferrocenium avec le grattoir (ou le dos d’une lame de couteau), on génére des étincelles très chaudes pouvant aller jusqu’à 2000o !!). Son principal avantage réside dans sa résistance aux chocs et à l’eau. Même trempé, il  fonctionne parfaitement et ne s’oxyde pratiquement pas. Un grand modèle de firesteel permet l’allumage théorique (je dis bien « théorique ») de plus de 20000 feux.

 

LES MEILLEURS INITIATEURS DE FEU

1. Le champion toutes catégories (à mon avis) : La daldinie concentrique

daldinie concentrique               daldinie concentrique 2   Présentation :

Champignon non comestible poussant principalement sur les troncs et les branches des arbres morts (surtout des feuillus et principalement le frêne), mais j’en ai parfois rencontré aussi sur des chênes, des saules ou des bouleaux. Il pousse souvent après un incendie. Sa chair est dure, elle a la consistance du bois, avec des zones concentriques plus claires et bien reconnaissables (d’où son appellation). Ce n’est pas un champignon parasite comme l’amadouvier, mais qui décompose le bois mort. Son seul défaut (en tout cas dans ma région) : il est assez rare à trouver.

En tout cas, voilà à quoi il ressemble et comment l’embraser avec un firesteel (vidéo ci-dessous) :

                                                               Source : Chaîne ArtesDoMato – Youtube

Ses qualités :

Elle retient très facilement l’étincelle d’un firesteel et elle génère une braise extrêmement chaude (mes doigts s’en souviennent encore* !!) qui peut durer très longtemps. Par conséquent, on peut facilement l’emmener avec soi (et bien sûr avec Prudence, la fameuse mère des vertus !) pour allumer un autre feu ailleurs et bien plus tard.

* pour rappel, la température de la braise = env. 350-360 degrés, la température d’une flamme = env. 600 degrés !

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2. En principe le plus connu : L’Amadouvier

(Tout comme la daldinie concentrique, un super capteur de braise : voir présentation de ce champignon parasite dans l’article : « Faire du feu sans allumette ni briquet« .

Une autre alternative à l’amadouvier est aussi le Polypore du bouleau, qui serait, selon certaines sources, encore plus performant que l’amadouvier. Ne l’ayant pas encore testé à ce jour, je ne peux pas vous en dire plus à son sujet pour l’instant. Mais patience, ça viendra prochainement !

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3. Presque toujours sous la main : La résine de conifères (pin, sapin, épicéa …)

On en trouve assez facilement, si l’on se trouve bien sûr dans une forêt où poussent des résineux (élémentaire mon cher W…) !!  La résine n’est pas si facile à enflammer avec un firesteel , il faut un peu d’entraînement ; par contre si vous l’allumez de manière plus classique, avec un briquet ou une allumette, vous verrez que sa flamme brûle très longtemps et elle sera très pratique pour allumer votre feu ;  la flamme dégage un peu de fumée noire lors de la combustion de la résine.

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4. Un  grand classique : L’écorce de bouleau

On en trouve très facilement un peu partout dans nos forêts. Il faut utiliser l’écorce la plus fine possible (un peu comme du papier ou du sparadrap) car avec une écorce trop épaisse, j’ai testé, c’est beaucoup plus difficile ! L’écorce contient de la bétuline, une résine qui a la propriété de s’enflammer assez facilement et qui donne à l’écorce sa blancheur cireuse. D’ailleurs, lorsque vous verrez la flamme de l’écorce de bouleau, elle est souvent noire à sa pointe, preuve que la résine (bétuline) se consume.

La première étape consiste à gratter l’écorce côté extérieur. On cherche ainsi à obtenir des espèces de « bouloches » fines et aérées, les moins compactes possible. Il est aussi tout à fait possible de frotter l’écorce pour n’obtenir que de la poussière. L’écorce doit être aussi sèche que possible. Certains baroudeurs émérites m’ont affirmé qu’ils étaient parvenus à allumer de l’écorce de bouleau même mouillée avec un firesteel, pour ma part je n’y suis jamais arrivé, mais je m’entraîne et ne perds pas espoir !!

Note : En dehors d’une situation de survie extrême, choisissez de préférence votre écorce sur des arbres morts. Si vous ne pouvez faire autrement que de prélever de l’écorce sur un arbre vivant, évitez de faire le tour du tronc afin de ne pas mettre sa vie en danger !

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5. Super efficace : Le bois gras

Le terme « bois gras » se dit d’un bois saturé de résine, caractéristique des résineux en général et notamment des pins comme le pin noir ou le pin sylvestre p.ex. On le ramasse très souvent sur des souches d’arbres récemment coupés ou des branches se situant près de la base du tronc. Grâce à la sève qu’il contient, il s’enflamme très bien, notamment si on le débite en petits copeaux , en cubes ou en bâtonnets (genre allumettes).

Astuce pour le trouver : il a une teinte plutôt rougeâtre ou orangée, il est légèrement translucide, colle au doigt et dégage une odeur assez forte de térébenthine.

Une petite vidéo mieux qu’un long discours sur la recherche du bois gras :


                                                                                                                        Source : Chaîne Theo Art Survie – Youtube

Note : On peut aussi se procurer du bois gras en magasin spécialisé ; il est alors vendu  sous forme de petits bâtonnets appelés « maya sticks ».

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6.  Excellent : Le bois mort taillé en frisottis (Feather sticks en anglais)

Une technique qui fonctionne très bien : prendre du bois de résineux bien sec (pin, épicéa : p. ex. les branches basses bien sèches d’un pin ou d’un épicéa), saule ou genévrier. Avec votre couteau, en descendant le long de la tige, confectionnez des petits copeaux en hérisson, appelés frisottis, tout autour du bois mort ; puis utilisez votre firesteel pour enflammer ces frisottis.

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7. Tout ce que l’on peut trouver de sec autour de soi : L’amadou

Outre la partie interne et duveteuse de l’amadouvier (voir l’article « Faire du feu sans briquet ni allumette »), l’amadou est également le terme générique par lequel on désigne tout élément trouvé dans la nature et qui peut servir d’allume-feu 100% naturel . Voici une liste de quelques amadous naturels que l’on peut trouver assez facilement :

  • herbes sèches, brindilles
  • écorces, copeaux de bois
  • lichens, champignons secs
  • nids d’oiseaux, duvets de plume
  • pommes de pin
  • chardon sec, roseau, partie duveteuse de massette, clématite
  • la jute (excellente !!)
  • etc…

Astuce pour l’amadou : le mettre dans une poche bien au chaud au fur et à mesure qu’on le ramasse afin qu’il puisse sècher et se réchauffer. Comme aurait pu le dire Lapalisse : plus il sera sec et chaud, mieux il s’enflammera !

 

Le saviez-vous ?

Etymologiquement parlant, le mot « amadou » vient du provençal qui signifie : amoureux. De même que le soupirant s’enflamme facilement pour sa belle, l’amadou, substance spongieuse et ouatinée, prend aisément feu au contact d’une étincelle pour se consumer ensuite lentement. De quelqu’un qui s’emporte et s’échauffe rapidement on dit encore qu’il « prend feu comme de l’amadou ».

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Dans un autre article, je vous parlerai bientôt des amadous artificiels que l’on peut préparer tranquillement chez soi avant une escapade en pleine Nature.

A+

RAPPEL  :
• Avant d’allumer un feu en forêt, ne pas oublier de consulter la législation
en vigueur dans son département ou sa commune et,
dans tous les cas, bien respecter les règles élémentaires de sécurité :
• Un feu doit toujours rester sous surveillance
• Ne pas faire un feu au pied d’un arbre (attention au feu souterrain dans les racines)
• Garder de l’eau à proximité pour éteindre votre feu à votre départ.

 

Category: Feu

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Pour faire du feu, il faut impérativement… une flamme ! D’accord, mais quand on a sur soi ni allumette ni briquet, comment fait-on ? Petit retour sur un savoir-faire d’autrefois, mais un peu oublié…

 

feu de camp

 FAIRE DU FEU A LA MANIERE DE NOS ANCETRES

Dictons :
• Le feu, c’est ce qui nous a fait des hommes… car les animaux, eux, ne font pas de feu !
• Le bois chauffe 3 fois : une fois quand tu le coupes, une fois quand tu le ranges et une fois quand tu le brûles !
 

Aux temps « héroïques » de la Préhistoire, il existait 2 techniques principales pour faire du feu : le feu par percussion et le feu par friction.

 

•  Le feu par percussion

Le feu par percussion consistait, dans une première étape, à taper énergiquement 2 pierres (une marcassite + un silex) l’une contre l’autre et de projeter une étincelle sur de la poudre d’amadou afin de créer une braise.  Attention, on a souvent parler à tort jusqu’à la fin du 20ème siècle (y compris dans nos livres scolaires d’Histoire !) qu’il fallait frotter 2 silex l’un contre l’autre ; c’est faux car le silex  ne procure que des étincelles dites « froides », donc sans possibilité d’allumer quoi que ce soit. Choisissez bien un nodule de silex + un nodule de marcassite (FeSO2) car la marcassite est un minerai de fer qui contient du sulfure (soufre),  lequel dégage une étincelle dite « chaude » et donc indispensable pour allumer l’amadou.

Le piège à étincelles : l’amadou, qu’est-ce que c’est ?

amadouvierOn nomme « amadou »  la partie interne du champignon amadouvier : un champignon parasite (appelé aussi vulgairement langue de boeuf,  bénitier ou sabot de cheval) que l’on trouve très souvent sur les hêtres, les peupliers ou les résineux (voir photo). La partie interne l’amadou, très douce, presque duveteuse (environ 4-5 x plus douce que le coton) a cette propriété incroyable de brûler lentement et de garder une braise active très longtemps. Une sorte de briquet préhistorique ! On l’appelle aussi souvent, dans le langage bushcraft, un « initiateur de feu ».

Réduisez votre amadou en poudre et, une fois que vous aurez obtenu la fameuse braise, il ne vous restera donc plus qu’à la transférer dans un nid d’herbes sèches pour créer cette flamme tant espérée et si indispensable pour allumer votre feu. Bien sûr ça paraît très simple, mais…

Mieux qu’un long discours, voici une vidéo excellente de l’ami Jo sur la manière d’allumer un feu par percussion :

Source : Chaîne JVall – Youtube   –    Lien : http://www.youtube.com/user/jovallmen

Note : Si vous n’avez pas de silex ni de marcassite sous la main, vous pouvez également tenter l’aventure avec une pierre à feu (= firesteel en anglais) dont le principe est également de générer des étincelles ; ça fait un peu moins authentique, mais ça fonctionne aussi.

pierre a feu

 Pierre à feu (firesteel) avec sa tige en ferrocenium et un grattoir.

•  Le feu par friction 

L’idée du feu par friction, c’est de frotter énergiquement 2 morceaux de bois pour chauffer. Comme pour le feu par percussion, le but étant d’obtenir une braise qui servira à allumer un nid d’herbes sèches, que l’on désigne aussi souvent, dans le jargon des coureurs des bois, du terme générique d’amadou (ne pas confondre cependant avec le champignon !).

Ci-dessous, une nouvelle excellente vidéo de Jo Von Allmen sur la technique du feu par friction avec un archet :

Source : Chaîne JVall – Youtube   –    Lien : http://www.youtube.com/user/jovallmen

Pour réussir un feu par friction, il vous faudra :

– Un archet en bois assez souple (p.ex. noisetier,saule,…) avec de la ficelle, du nylon ou un lacet de chaussure.

– Une planchette (de préférence en tilleul, mais on peut aussi utiliser du bois de palette, du pin, du sapin, du bois de récupération, etc…)

– un foret (le plus droit possible pour ne pas perdre de l’énergie)  + une pommelle pour tenir le foret : choisissez du bois (p.ex. chêne), une pierre assez douce (évitez le silex, le grès ou le granit). Un coquillage peut aussi très bien faire l’affaire.

L’encoche devant le trou s’appelle la cheminée.

Astuces :

• Pour que ça chauffe plus vite : avant de tourner votre foret, mettez du sable fin dans le trou (cheminée), lequel  sable va servir d’abrasif ;  

• Au début, ne pas aller trop vite avec l’archet car il faut faire de la sciure de bois, puis accélérer pour obtenir la braise ;

• C’est la structure de la sciure qui est importante pour savoir si elle va tenir la braise, et pas la vitesse de rotation de l’archet. Si la sciure est en poudre, elle va s’auto-étouffer, si la sciure est trop carbonisée, elle ne tiendra pas la braise parce qu’elle a déjà brûlé. Il faut un compromis de sciure un peu comme l’amadou.

Alors, pour votre prochain bivouac, si vous laissiez tomber allumettes et briquet pour retrouver la joie primaire de faire du feu comme nos ancêtres ! Pensez-y en tout cas, et vous verrez, quelle joie quand la flamme apparaît ! Indicible…

Mais surtout, faites bien attention à vos doigts : pour rappel, la température de la braise = env. 350-360 degrés, la température d’une flamme = ~ 600 degrés !

Dans un prochain article, je vous parlerai d’autres initiateurs de feu que l’on peut trouver dans la Nature…

A+

RAPPEL  :
• Avant d’allumer un feu en forêt, ne pas oublier de consulter la législation
en vigueur dans son département ou sa commune et,
dans tous les cas, bien respecter les règles élémentaires de sécurité :
• Un feu doit toujours rester sous surveillance
• Ne pas faire un feu au pied d’un arbre (attention au feu souterrain dans les racines)
• Garder de l’eau à proximité pour éteindre votre feu à votre départ.