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BALADE-NATURE EN VIDEO

Petite revue botanique « en-passant » des fleurs et plantes sauvages rencontrées au gré des saisons.

PRINTEMPS:

En avril :

En mai :

 

ETE :

juin-juillet

 

« Une mauvaise herbe est une plante dont on n’a pas encore
trouvé les vertus. »

                                                                                        R.W. Emerson

 

 

Propriétés et vertus des fleurs et plantes médicinales :

Remarque : les propriétés, vertus et bienfaits des fleurs et plantes sauvages étant souvent multiples,  je ne vous citerai ici que quelques utilisations parmi les plus courantes. D’autre part, l’utilisation prolongée ou abusive de certaines plantes peut être déconseillée, notamment aux femmes enceintes. Pour découvrir l’ensemble des propriétés médicinales et exhaustives de ces plantes, veuillez vous reporter aux ouvrages botaniques ou médicaux qui font référence et autorité en la matière.

 

• ACHILLEE MILLEFEUILLE
Parties utilisées : Les feuilles et les fleurs sont les parties utilisées en phytothérapie.
Achille, le héros de Troie, l’aurait selon la légende utilisée pour soigner ses soldats. Durant la Première Guerre mondiale, l’achillée millefeuille était incluse dans le kit de première urgence des soldats. Le terme « millefeuille » fait référence aux feuilles de la plante qui sont finement divisées et donnent ainsi l’impression qu’il y en a mille là où il n’y en a en fait qu’une seule.
Propriétés médicinales :
Troubles digestifs, spasmes de l’estomac, de l’intestin ou douleurs des règles, cicatrisation des plaies, inflammations cutanées sont d’autant d’affections que l’achillée millefeuille peut traiter grâce à ses propriétés antiseptiques, antispasmodiques, astringentes et cicatrisantes.
Sur le terrain, elle est très utile pour soigner des coupures ou des brûlures ; il suffit pour cela de froisser la feuille et de l’appliquer en compresse sur la blessure. Grâce à ses propriétés hémostatiques (qui arrête les saignements), antiseptiques et cicatrisantes, elle permettra d’attendre la retour à la maison pour faire un pansement plus élaboré. On l’emploie aussi en médecine populaire contre les saignements de nez.

 

• ALLIAIRE OFFICINALE (herbe-à-ail)
Elle dégage une légère odeur d’ail quand on froisse ses feuilles ou ses fleurs, toutes comestibles. L’avantage de l’alliaire, c’est qu’elle a les qualités de l’ail sans l’haleine de cheval !
Elle est diurétique. Mais elle est aussi excellente contre les rhumatismes, l’asthme et la goutte. Elle est riche en vitamine C, et donc stimulante. Elle fortifie les gencives, limite l’eczéma et petites plaies.
On lui prête aussi des vertus antiseptiques pour ce qui est de la plante fraîche, alors utilisée en cataplasme. Il est recommandé d’utiliser l’Alliaire officinale alors qu’elle est encore très fraîche car elle perd très rapidement ses propriétés.
Ses graines peuvent servir de substitut à la moutarde noire dans l’élaboration du condiment du même nom (moutarde). Les jeunes feuilles mélangées dans une salade apportent un léger goût d’ail. On peut également l’employer dans du beurre ou en faire du pistou.

 

• ARMOISE COMMUNE (appelée aussi « Armoise vulgaire »)
Parties utilisées : Sommités fleuries – Racines – Feuilles.
Cette plante aux multiples vertus est usuellement recommandée pour apaiser les règles douloureuses. Sa propriété emménagogue permet de traiter les troubles de la menstruation chez la femme, en augmentant les contractions utérines.
Stimulant digestif et hépatique, l’armoise est aussi souvent conseillée dans le traitement des troubles digestifs, des douleurs articulaires et musculaires, de l’anorexie, des spasmes, de l’insomnie ainsi que pour l’expulsion des vers intestinaux. Cette plante présente aussi des effets antibactériens, toniques et diurétiques. En usage externe, on utilise des compresses d’armoise pour calmer les douleurs arthritiques, rhumatismales, goutteuses, articulaires, musculaires et menstruelles, celles qui sont causées par une inflammation cutanée ou celles ressenties à la suite d’une contusion, d’un coup ou d’une entorse.
Mise en garde : Cette plante peut causer parfois de violentes allergies par l’intermédiaire de son pollen, mais aussi par contact de la peau avec l’inflorescence.

 

• ASPERULE ODORANTE (appelée aussi « Gaillet odorant », « Petit muguet » ou « Reine-des-bois »)
Parties utilisées : Feuilles – Tige – Fleurs.
Plante des bois comestible à petite dose car un peu hallucinogène.
C’est une plante très parfumée, appréciée depuis longtemps pour ses vertus médicinales comme pour son action tranquillisante, ses effets antistress et ses bienfaits sur le système digestif ou sur les insomnies.
Indications : Hépatisme – Troubles digestifs – Insomnie – Neurasthénie – Mélancolie.
Sa particularité réside dans l’odeur qu’elle dégage quand on la blesse ou lors de la dessiccation.
L’aspérule odorante est également utilisée, une fois ses feuilles séchées très odorantes rappelant celle de foin coupé ou de la fève tonka, pour parfumer le linge.
On l’utilise également pour faire une liqueur digestive : l’Amsterdamer, un vin à l’aspérule ou pour parfumer une bière en Allemagne avec du sirop d’aspérule.

 

• AUBEPINE (ou « Epine blanche »)
Parties utilisées : les rameaux fleuris (feuilles et fleurs) et, dans une moindre mesure, les fruits.
Tonicardiaque et régulateur de l’activités du coeur – Sédative – Hypotensive – Antispasmodique.
Calme le stress. Les baies ont un effet astringent.
Les fleurs se mangent, mais elles dégagent très rapidement une odeur ammoniaquée qui rappelle par trop celle de l’urine. Il faut donc les consommer tout juste écloses. Les jeunes feuilles se mangent en salade. Les fruits sont comestibles, mais souvent insipides, leur pulpe étant généralement sèche et farineuse.

 

• BARDANE
La bardane est LA plante de la peau. Le suc de bardane a un pouvoir antivenimeux très net qui s’expliquerait par une action oxydante sur le venin. En cas d’urgence, si la plante est le seul recours qu’on ait sous la main, on peut donc en appliquer sur la piqûre (notamment de guêpe) ou la morsure (serpent). Frottez une feuille écrasée pour calmer rapidement la douleur. (Et appelez quand même le centre antipoison le plus près de chez vous).
Bardane avec un comme… ça fait du Bien !
Ensuite, elle est l’origine d’une invention aussi remarquable que le velcro, imitant les crochets de ses fleurs que nous connaissons tous, ou presque. Qui n’a pas déjà eu l’occasion d’en retrouver quelques-unes accrochées à ses vêtements après avoir marché à travers champs en plein été ?

 

• BERCE SPONDYLE (ou berce commune)
Partie utilisée : toute la plante.
Les jeunes feuilles et les jeunes tiges sont délicieuses crues dans les salades composées.
Les feuilles plus âgées font un très bon légume, cuit en tarte, gratin ou potage. Leur saveur est forte et les premières fois qu’on les cuisine, il est préférable de les mélanger avec des légumes à la saveur moins marquée comme des orties ou des épinards.
Les fleurs encore en bouton, enfermées dans leur gaine protectrice, sont excellentes crues ou rapidement cuites à la vapeur. Une fois épanouies, elles sont moins appétissantes car elles développent parfois une légère odeur d’urine.
Les fruits sont meilleurs verts qu’à maturité. Leur saveur est puissante : il faut aimer les sensations fortes pour les apprécier et les croquer tels quels. Ils font d’intéressants condiments. On peut les faire sécher pour les utiliser en hiver.
Propriétés médicinales :
Dans les campagnes, on se servait des feuilles fraîches pour guérir les abcès, furoncles, piqûres
 La Berce est utile en cas de fatigue et de stress. Elle est stimulante, tonique, hypotensive et diurétique. La racine fraîche traite l’impuissance et le fruit est aphrodisiaque, certains disent même qu’il serait le gingembre local.
Attention !! Le contact avec la tige peut provoquer des allergies cutanées (effet photo-sensibilisant).

 

• BOURRACHE
Parties utilisées : Fleurs – feuilles – Graines.
Les fleurs de bourrache et les jeunes feuilles se consomment traditionnellement à l’état frais (mucilage favorisant le transit intestinal). On peut aussi l’utiliser comme épice.
La plante peut agrémenter des omelettes, des salades et remplacer les légumes accompagnant les viandes. La fleur, servant à agrémenter les desserts, contient un alcaloïde qui donne son goût dans la fabrication de bonbons au miel à base de bourrache. Le goût des fleurs rappelle la saveur de l’huître alors que celui des feuilles rappelle la saveur acidulée du concombre.
Dépurative et soporifique, la bourrache est un bon remède contre les rhumes et la grippe. Elle calme aussi la toux.

 

• CAPSELLE BOURSE-A-PASTEUR
On dit qu’à la ceinture des bergers d’autrefois pendait une bourse, vaguement triangulaire, qui était toujours plate, les bergers étant très pauvres. C’est en raison de la ressemblance des fruits de la plante à cette fameuse bourse qu’on lui a donné le nom de bourse-à-pasteur, plus rarement bourse à berger.
Par voie externe, on peut appliquer la plante fraîche sur les plaies, particulièrement sur les coupures qui saignent abondamment. De même, on arrêtera un saignement de nez en plaçant dans la narine un morceau d’ouate imbibé du suc de la plante.
De plus, elle serait un antiseptique urinaire et aurait la propriété de dissoudre les calculs rénaux.

 

• CHELIDOINE (Herbe-aux-verrues)
Parties utilisées : Racine – Feuilles – Tige – Sommités fleuries.
Usage externe principalement : verrues, cors, durillons. Les propriétés caustiques du latex de la chélidoine sont efficaces pour brûler les verrues et les cors en application répétées jusqu’à disparition de la tumeur.
Mais attention : la chélidoine est une plante à éviter pour tout usage interne en automédication.
Elle peut même être mortelle : « 60 grammes de son suc peuvent suffire à tuer un chien » (Cazin).

 

• EGLANTIER (Rosier sauvage)
Le cynorrhodon (fruit de l’églantier) est très riche en sucres et en vitamine C. Il serait 20 fois plus riche en vitamine C que l’orange. Les fruits (akènes) et les poils contenus à l’intérieur du cynorrhodon ont un effet très irritant au niveau de la peau et de la muqueuse. Leur contact provoque des démangeaisons insupportables (utilisation comme poil-à-gratter) et leur ingestion provoque un prurit anal très important (d’où le nom de « gratte-cul »).
On l’a employée pour combattre les infections, la grippe tout particulièrement. On en fait également du thé ou des confitures.

 

• FEUILLE DE MÛRIER (RONCIER SAUVAGE)
Vertus : riche en calcium, magnésium, potassium, zinc, Vitamine A, B1, B2, C, riche en fibres et en antioxydants.
Prévient et traite certains cancers, prévient les maladies inflammatoires et cardio-vasculaires. Lutte contre le mauvais cholestérol. Réduit le taux de sucre dans le sang et donc aide à perdre du poids, réduit la tension artérielle, bonne contre le psoriasis, les oedèmes, …

 

• GAILLET GRATTERON
On récolte la partie aérienne en début de floraison. La racine se récolte à l’automne.
Hépato-stimulant, le gaillet est apéritif, diurétique et sudorifique. Il permet à l’organisme d’éliminer vers le foie, les reins et la peau. Il fait circuler le sang, disperse la chaleur humide, chasse la chaleur interne, calme le prurit et l’urticaire. Astringent, c’est un anti-inflammatoire et un calmant. Il efface les blessures ou lésions traumatiques.
Le gaillet gratteron est aussi préconisé pour soulager les dermites infectieuses, diminuer les œdèmes, calmer tout écoulement urétral et neutraliser les toxiques.
Mais saviez-vous que les fruits de cette plante sauvage particulièrement « pot-de-colle », une fois torréfiés et broyés, peuvent servir de succédané (ou ersatz) de café ? Le gaillet gratteron est en effet un vague cousin du caféier et ses fruits peuvent donc être utilisés, lors d’une immersion en pleine nature, à la préparation d’un café « bien de chez nous » et sans caféïne s’il vous plaît !

 

• LIERRE TERRESTRE
Il ne grimpe pas, il soigne. Le lierre terrestre contient du tanin une huile essentielle, et un taux élevé de vitamine C. Traditionnellement, on a largement employé le lierre terrestre pour soigner les affections pulmonaires (toux grasses, bronchites chroniques, asthme) y compris la tuberculose. Il a également servi à soigner l’atonie gastrique, les affections urinaires (calculs) et les leucorrhées. Par voie externe, on l’a utilisé pour soigner les abcès et les furoncles.
C’est une plante mellifère dont le goût peut relever agréablement les salades ou les soupes.

 

• OSEILLE SAUVAGE (ou Oseille des Prés)
L’oseille des prés (Rumex acetosa) est l’une des plantes aromatiques les plus riches en vitamine C, son goût acidulé est très rafraîchissant. Souvent associée au saumon, elle rehausse également le goût de nombreux autres poissons et des viandes. Elle peut remplacer les épinards pour ceux qui les trouvent trop fades.
Il est cependant préférable de ne pas laisser fleurir l’oseille pour consommer les feuilles. On coupe la hampe dès son apparition, cela assure une bonne récolte des feuilles pratiquement toute l’année.
Il est bon de savoir que plus les feuilles sont grandes, plus elles sont acides, trop vieilles, elles deviennent âcres et immangeables.
Une des propriétés remarquables de l’oseille est son action d’antidote végétal, le simple fait de mâcher ses feuilles neutralise les brûlures dues à l’absorption de sucs d’arum, de bryone, d’euphorbe et d’un grand nombre de plantes irritantes ou brûlantes.
Malgré ses qualité, l’oseille a souvent eu mauvaise réputation. La légende raconte qu’elle serait née de la sueur du diable, c’est pour cette raison que les moutons ne la broutent pas et qu’une fois installée au jardin, il est difficile voire impossible de s’en débarrasser.
Les personnes souffrant de rhumatismes, d’hémorroïdes ou de problèmes rénaux doivent aussi délaisser l’oseille à cause de sa forte teneur en acide oxalique (que l’on trouve également dans l’oxalis) qui pour eux, peut être dangereuse.
L’oseille possède cependant des vertus rafraîchissantes, antiscorbutiques, apéritives et surtout dépuratives, une formidable aromatique.

 

• PLANTAIN (lancéolé ou majeur)
Ses vertus sont multiples et la liste d’affections qu’il peut soigner, ou dont il peut nous soulager, est longue. Cette plante très commune et souvent traitée à tort de « mauvaise herbe » mérite pourtant qu’on s’y attarde, ne serait-ce que pour ses effets hautement bénéfiques contre des maux très divers de la peau, des voies aériennes ou des voies urinaires.
En usage externe, le plantain est très utile contre les piqûres d’insectes (moustiques, guêpes, abeilles) ou les piqûres d’orties. Il soigne également des plaies, des crevasses, des brûlures, des gerçures. Pour cela, il suffit de malaxer quelques feuilles de plantain lancéolé ou majeur afin d’en faire sortir un jus anti-inflammatoire et antiseptique que l’on applique directement sur la peau et qui apaise rapidement. Il est très utile également pour soigner l’acné juvénile ou l’eczéma. Il est employé également comme collyre en cas de conjonctivite ou pour décongestionner les paupières.

 

• PULMONAIRE OFFICINALE
Par ses propriétés expectorantes, émollientes et pectorales, la pulmonaire guérit les toux, les bronchites et autres maux au niveau de la gorge. Elle est connue aussi pour soigner la tuberculose ainsi que les problèmes respiratoires, notamment l’asthme. Étant également sudorifique, diaphorétique et diurétique, elle facilite en même temps l’évacuation des toxines et de l’urine de l’organisme. On lui reconnaît aussi des vertus anti-inflammatoires et astringents. Ainsi, elle traite les gerçures, les dartres et même lesémorroïdes.
En cuisine, ses feuilles peuvent se manger crues en tant que salade ou encore cuites.

 

• SAPONAIRE (herbe-à-savon)
Son nom vient d’une substance, la saponine, qui a la propriété de mousser comme un savon lorsqu’on froisse les feuilles, la tige ou (mieux encore), la racine de cette plante entre ses mains avec un peu d’eau. On peut ainsi s’en frotter le corps et les cheveux, qui deviendront brillants et souples. Un truc bien pratique à savoir si d’aventure vous bivouaquez en pleine nature et que vous avez oublié de mettre un peu de savon dans votre sac à dos.
On peut s’en servir aussi pour laver ses vêtements ; d’ailleurs la saponaire, appelée aussi « herbe à savon », a longtemps été utilisée autrefois par les lavandières.

 

• SCEAU DE SALOMON
On a jadis préconisé le rhizome comme expectorant et, surtout, comme diurétique.
On le conseillait dans la goutte, les rhumatismes, les calculs, mais aussi dans les hémorragies, les pertes blanches. Son action vomitive l’a fait abandonner pour l’usage interne.
On l’emploie surtout le rhizome du sceau de Salomon qu’en usage externe, efficace contre les panaris, les abcès et le charbon (ou anthrax).
Par ailleurs, le cataplasme de sceau de Salomon fait disparaître rapidement les contusions ou les ecchymoses. Anti-tâche naturelle, cette plante est préconisée pour enlever les imperfections du visages. En outre, son utilisation active le processus de cicatrisation.
Sceau de Salomon contre les plaies : Récolter des feuilles de sceau-de-Salomon avant l’apparition des fleurs. Une fois séchées, les conserver dans une petite boîte. C’est un antiseptique puissant à utiliser en usage externe uniquement. Indications : petites plaies infectées, échardes qu’on ne peut pas enlever. Utilisation : prendre une feuille séchée et la tremper une minute dans de l’eau bouillante (cela tue les microbes et ramollit la feuille). L’égoutter et la poser, telle quelle ou pliée en deux, sur la partie à soigner. Maintenir avec un sparadrap. Garder 24 ou 48 heures. Quand on retire la feuille, la plaie est, en général, libérée de toute infection ou saleté ; l’éventuelle épine est partie comme par enchantement. Renouveler l’opération si nécessaire.
Le rhizome du sceau de Salomon est aussi hémolytique, résolutif, hypoglycémiant, diurétique, astringent et calmant. Il est bénéfique pour les rhumatismes, la goutte, les hémorroïdes et la diarrhée.
Attention : ne pas consommer les baies d’un noir bleuâtre, elles sont toxiques et peuvent entraîner un empoisonnement mortel.

 

• SUREAU NOIR (ou Grand Sureau)
Parties utilisées : En phytothérapie, le sureau est utilisé dans son intégralité : fleurs, baies, feuilles et écorce. Les fleurs et les baies se consomment.
Arbuste dont les baies, mais surtout les fleurs et l’écorce, sont utilisées depuis l’Antiquité  pour traiter différents maux comme la fièvre, les irritations buccales et les infections respiratoires responsables des rhumes, toux grasses, sinusites, grippes, etc. Le sureau possède également des propriétés diurétiques, laxatives, antirhumatismales.
Les fleurs et feuilles de sureau (au parfum âcre assez désagréable : ça me fait penser un peu à l’odeur du café « bouillu ») ont une forte teneur en acides phénoliques, en flavonoïdes, qui sont des antioxydants, en huiles essentielles ainsi qu’en minéraux. Les baies sont, elles, gorgées de vitamines de type A, C et B6. Elles contiennent également une remarquable concentration en fer, flavonoïdes et caroténoïdes, acides aminés et tanins. Quant aux feuilles, elles concentrent tanins, nitrate de potasse et acide valérianique aux propriétés calmantes. Je les ai testées pour calmer des piqûres d’orties, pour moi ça marche assez bien ! Enfin, l’écorce est riche en acide cyanhydrique qui peut être toxique à trop forte dose.
Quant au côté cuisine, les préparation à base de sureau sont tellement multiples que je vous laisse vous renseigner sur les nombreuses recettes existantes.
Il existe également un sureau rouge que l’on rencontre un peu plus au sud.
Attention : Ne pas confondre le sureau noir ou rouge avec le sureau hièble dont les baies sont hautement toxiques !!
Pour les reconnaître assez facilement : le sureau noir a des baies qui pendent vers le sol, alors que le sureau hièble, qui n’est pas un arbuste mais une plante herbacée, a ses baies dressées ver s le ciel.

 

• TAMIER COMMUN (herbe-aux-femmes-battues)
Dans la médecine traditionnelle, la racine de tamier, un gros tubercule allongé et charnu à chair blanche qui ressemble à un navet, était utilisée en cataplasme pour soigner les hématomes. C’est de là que cette plante tire son nom d’herbe aux femmes battues. Aujourd’hui, on considère plutôt le tamier adulte, et notamment ses baies, comme toxiques. Il faut s’en méfier. En outre, le contact de la racine avec la peau peut entraîner des inflammations.

• TUSSILAGE (Pas d’âne)

Cette plante médicinale a la particularité de fleurir avant l’apparition de ses feuilles. Les fleurs et les feuilles sont comestibles. Les fleurs sont parfumées et peuvent être ajoutées crues aux salades, cuites à la vapeur, à l’eau ou encore revenues à la poêle. Elles sont aussi très bonne confites au sucre. Les jeunes tiges juteuses sont excellentes à consommer crues après avoir éliminé les écailles ou cuites à la vapeur.
Les feuilles quand elles sont très jeunes peuvent être consommées crues (leur pétiole est le plus aromatique), mais elles deviennent vite amères et caoutchouteuses avec l’âge ! Autrefois, elles servaient d’ersatz de tabac ; en effet, on les séchait, les roulait et on les fumait telles un cigare…
Le tussilage est très connu pour apaiser et guérir les infections des voies respiratoires. Fréquemment utilisé en phytothérapie, il est l’un des plus vieux remèdes naturels permettant un traitement sain des troubles respiratoires ou maux de gorges, bronchites, asthme, etc. On en fait d’ailleurs des sirops très efficaces contre la toux.
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Sources pour cet article :
et pour en savoir plus :
– « Les plantes sauvages : connaître, cueillir et utiliser » – Thierry Thévenin – Ed. Lucien Souny
– « 200 plantes qui guérissent » – Carole Minker – Ed. Larousse
– « Petit Larousse des plantes médicinales »  – Gérard Debuigne et François Couplan – Ed . Larousse
– « Du bon usage des plantes qui soignent » – Jacques Fleurentin – Ed. Ouest-France.
Note : Pour être tout à fait transparent avec vous, je ne touche aucune commission sur la vente de ces ouvrages, au cas où vous décideriez de les acquérir.

L’ortie, la mal-aimée !!


Nous la connaissons tous ne serait-ce que pour s’y être piqué un jour. Facile à identifier pour cette raison, elle prolifère dans les lieux en friches, dans les campagnes, au bord des champs, des routes et des murets… et jusque dans nos jardins, la bougresse !

    ortie-feuille

                                                              « S’il fallait ne laisser qu’une seule plante sur terre, pour moi ça serait l’ortie ».
                                                                                                           (François Couplan, ethnobotaniste)

Qui s’y frotte s’y pique…

Comme vous, j’ai été gamin en culottes courtes et comme vous j’ai longtemps considéré les orties comme ma pire ennemie lors de mes escapades en pleine nature.

Combien de fois suis-je rentré les bras et les jambes couverts de rougeurs et de démangeaisons brûlantes, après m’être frotté par mégarde aux « méchantes herbes de feu » lors de folles chevauchées aux lisières des  champs ou des forêts !

Cette « mauvaise herbe », que je détestais alors profondément au point de la détruire à grands coups de bâton en imitant le geste auguste du faucheur, mais dont je ne connaissais absolument rien par sotte ignorance, je n’imaginais pas qu’un jour je la défendrais et la chérirais à ce point. Et si je devais résumer l’ortie en une phrase, je dirais : « elle n’a qu’un défaut, elle pique ! ». Sa mauvaise réputation est légendaire : au mieux on l’ignore, le plus souvent on l’arrache ou on tente de la supprimer par tous les moyens. Quelle folie !!

 

La connaissons-nous vraiment ?

Elle est au contraire le parfait emblème de notre relation à la nature sauvage, une relation qu’il serait urgent de reconsidérer et de reconstruire.

Car bien sûr l’ortie sait se défendre. Elle est couverte de dards minuscules (tiges + dessus et pointe des feuilles principalement). Les poils les plus petits sont assez inoffensifs, mais les plus grands sont de véritables seringues hypodermiques prêtes à injecter sous la peau, et au moindre contact, le cocktail de toxines chimiques contenues dans l’ampoule située à leur base. Ecoutez-ça ! rien que l’évocation des noms fait dresser le poil : histamine, acétycholine, sérotonine et acide formique (tiens, tiens comme les fourmis !), entre autres douceurs…

dards orties     poils d'ortie                                                                                                 Photo : Urticamania

Le principe est simple : les aiguilles se brisent au moindre contact avec la peau et seulement 1/10.000ème de ce liquide urticant suffit à provoquer rougeurs, cloques, irritations, démangeaisons. Aïe, aïe, aïe !!

Bon à savoir :

L’ortie développe ses piquants pour se défendre. Logique. Et c’est précisément la raison pour laquelle la densité de piquants augmente chez les plantes piétinées, broutées ou fauchées. Les orties des sous-bois ont moins de piquants car elles sont moins exposées et donc moins agressées. Tout au plus par du gibier de passage (principalement des cervidés), qui aura lui la sagesse de ne prélèver que la partie supérieure et tendre de la plante, sans mettre son existence en danger. Si nous pouvions en faire autant !

 

Trucs et astuces pour ne pas… ou moins se faire piquer :

Vieux comme le monde, mais pas inutiles à rappeler pour tous ceux qui les auraient oubliées, quelques petites astuces pour éviter de se faire brûler par ces « vilaines » orties lorsqu’on n’a pas de gants :

Passez-vous plusieurs fois la main (paume et dos) dans les cheveux. Vous devez (en principe) pouvoir commencer votre cueillette sans trop de crainte, mais n’oubliez surtout pas de répéter l’opération plusieurs fois au cours de la cueillette. Je vous l’avoue d’emblée, pour moi ça ne marche pas ! Mais essayez quand même…

– Certains paysans prétendent aussi pouvoir cueillir les orties sans se piquer en retenant leur respiration. Il semble que cela fonctionnerait avec certaines personnes. Ouais… !?  En tout cas , pour moi ça ne marche pas non plus, mais c’est sans doute tout le mystère et le charme de cette plante magique…

Mouillez vous les doigts avec de la salive avant de saisir les orties ; ça par contre c’est une technique qui fonctionne assez bien dans la majorité des cas !

– Et d’une manière générale, (selon ma propre et modeste expérience mais aussi le conseil des spécialistes), il est préférable de remonter la tige et les feuilles avec votre main plutôt que l’inverse. Si vous voulez détacher une feuille de la tige, saisissez-la de préférence par le dessous, où il y a moins de poils urticants, en la repliant en deux. Si vous voulez couper une tige entière, saisissez-la le plus bas possible, où il y a le moins de piquants. Et puis, allez-y dare-dare, bon sang ! Sans trop hésiter, en lui parlant gentiment (elles aiment ça, tout comme nous !).  J’ai constaté souvent que plus on hésite à la saisir, en effleurant notamment le bout des feuilles avec le dessus de sa main en tremblotant, plus on est piqué ! (C’est le célèbre phénomène d’anxiété ou de peur bien connu).

 

Et si l’on se pique quand même ?

Dans tous les cas, courage ! Et pas de panique, plusieurs astuces également :

– Surtout et tout d’abord ne vous grattez pas pour ne pas étendre la zone du venin ! (comme pour les moustiques).

– Lorsque vous rencontrez des orties, cherchez bien autour de vous ; il serait bien étonnant que vous ne trouviez pas également du plantain à proximité. Le plantain est vraiment la trousse à pharmacie de la nature : il suffit de bien malaxer une feuille de plantain pour en extraire le jus aux vertus apaisantes et de frotter la zone piquée avec ce jus. Cette technique fonctionne également avec des feuilles d’ortie écrasées (eh oui, le bien pour le mal !) ou encore des feuilles d’oseille, si d’aventure vous en trouvez dans les parages. Bien sûr ça n’enlèvera peut-être pas à 100 % l’irritation ou la douleur, mais ça l’apaisera vraiment très sensiblement et assez rapidement, vous verrez…

– Il m’est arrivé de tester un jour une feuille de sureau, laquelle a donné d’assez bons résultats sur ma peau, mais comme je n’ai encore jamais entendu parler de cette méthode, je ne peux pas vous confirmer la chose. Si qqn d’entre-vous l’a déjà testée, merci pour votre retour. Et comme le sureau pousse dans les haies souvent à proximité des orties, vous ne devriez pas avoir trop de mal à en trouver.

– Une autre astuce consiste à mouiller un sucre avec sa salive et l’appliquer sur la zone touchée. Celui-ci est censé absorber le venin. Encore faut-il avoir du sucre avec soi !

– Une grand-mère m’avait aussi donné un jour ce conseil que je n’ai pas encore testé à ce jour : frotter les parties douloureuses avec des feuilles de menthe fraîche. Il paraît que la douleur disparaît presque instantanément. Essayez, vous verrez bien !

 

 

Qui s’y frotte, s’y soigne…

Car l’ortie possède des vertus, en veux-tu en voilà ! Je ne veux pas vous les présenter toutes ici, ça serait un peu long et fastidieux. Si vous souhaitez en connaître la liste complète, je vous donne le lien d’un site consacré totalement à l’ortie et qui fait référence sur le net : http://urticamania.over-blog.com/page-1371638.html

• Mais il est utile de retenir ce qui suit, en deux mots :

Elle contient 7 à 8 x plus de vitamine C qu’une orange ! (Le champion est le cynorrodon qui en contient pratiquement 50 x plus !).

Elle est plus riche en fer que la viande rouge et possède 2 x plus de fer que l’épinard. Eh oui !!

– Elle est également très riche en protéines, ce qui en fait un aliment complet. Elle contient p. ex. plus de protéines que le soja !

– C’est un anti-fatigue formidable. Si vous avez un petit coup de pompe lors d’une balade ou d’une randonnée prolongée, n’hésitez pas à en mâcher et en avaler quelques feuilles (avec toutes les précautions d’usage bien sûr, évitons les œdèmes dans la bouche et sur la langue !!). Pour cela, pliez la feuille en deux puis en quatre entre vos doigts, serrez bien fort pour écraser les poils urticants avant de la déposer délicatement entre vos dents.

• Les bienfaits de cette plante tonique et nutritive :

– elle fortifie les cheveux et notamment les cheveux blancs, Elle est aussi très utile contre les pellicules ;

– elle fortifie les ongles ;

– elle tonifie la peau ; elle peut également soigner l’acné et l’eczéma ;

– elle aide à nettoyer le corps de nos déchets acides, elle le rend plus alcalin, moins acide, c-à-d. plus résistant face aux maladies en renforçant notre immunité ;

– elle combat l’arthrite et les rhumatismes (ah ! la fameuse flagellation aux orties bien connue !)

 La vidéo ci-dessous résume très bien les vertus de l’ortie, avec un savoureux accent en bonus :

Chaîne : FloraMedicina – Youtube

Qui s’y pose, s’y développe…

L’ortie est aussi appréciée par de nombreux insectes butineurs, certains y pondent et s’y développent, comme certains papillons. D’autres s’en servent de garde-manger, comme les coccinelles (avec les pucerons) ou les oiseaux insectivores (mésange, p.ex). Enfin n’oublions pas les herbivores (cervidés + bétail) qui puisent dans l’ortie de nombreuses vitamines essentielles à leur développement.

 

 

A écouter également :

                                                     Source : Radio Médecine Douce – Chaîne : OneWayOfficiel  –  Youtube
 

Je suis sûr que désormais vous la verrez avec d’autres yeux,  l’ortie !

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ortie

  Manger des orties, quelle drôle d’idée !

Essayez, c’est vraiment délicieux…

  
Recette de la soupe d’orties : Pour 3-4 personnes
Ingrédients :
– 150 g de feuilles d’orties (préférez les parties aériennes)
– 150 g de pommes de terre
– 30 g de beurre
– 1 grosse échalote
– 2 aulx
– 1 dl de crème liquide
– sel, poivre, muscade
 
Préparation :

1. Bien nettoyer les orties dans l’eau froide (avec un peu de vinaigre) pour enlever la terre, les petites bébètes et les impuretés éventuelles, puis égouttez-les.

2. Faites revenir l’échalote et l’ail coupés finement dans une casserole et laisser frémir à feu doux ~ 5 à 7 minutes.

3. Verser les orties + les pommes de terre coupées en petits dés dans la casserole et mélangez pendant ~ 2-3 minutes à feu moyen.

4.  Ajouter 1 litre de bouillon de légumes et porter le tout à ébullition, puis mettre à feu doux pendant ~10 minutes.

5. Laisser refroidir, puis passer le tout au mixeur.

6. Faire réchauffer le tout en y ajoutant la crème liquide, un peu de noix de muscade, du poivre et du sel.

7. Bien mélanger et servir chaud.

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Recette du Croc’Ortie (en vidéo)

présentée par Dominique Jeannot, président des Amis de l’Ortie : www.lesamisdelortie.fr

 Je vous le confirme : un super régal !! 
 
 
                                                                                                                  Source : Editions de Terran – Dailymotion